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Frédéric Sirgant 18 décembre 2021

C’est en déterrant de tels épisodes que les archéologues du futur expliqueront les

révolutions et les contre-révolutions que nous vivons et qui sont devant nous. Et que,

souhaitons-le, nos descendants ouvriront des yeux consternés devant ce qui nous aura

été imposé. Mercredi, François-Xavier Bellamy, député européen du PPE, a pris la parole

devant le Parlement européen pour s’en prendre à une directive de la Commission

européenne préconisant l’élimination du vocable « Noël ». Rien que cela.

Tout est parti d’un texte à usage interne de la commissaire européenne à l’Égalité,

Helena Dalli, Maltaise par ailleurs. Moi qui croyais que Malte était encore catholique… Ce

texte est un guide sur la communication inclusive qui recommandait aux fonctionnaires

européens de s’abstenir de faire référence à Noël ou d’éviter de recourir à des prénoms «

typiques d’une religion », tels que Marie ou Jean. Et Malika devait être préférée à Maria…

L’inclusion de Mme Dalli n’est visiblement pas si neutre que cela.

Quelques jours avant son intervention de mercredi, François-Xavier Bellamy avait

annoncé la couleur, comme le rapporte Le Figaro : « Il y a une montée du discours

intersectionnel et du wokisme. Cette dérive touche toutes les institutions européennes. Il

faut y mettre un coup d’arrêt. » Et donc, mercredi, il est monté au créneau, dans une

intervention remarquée et une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.

Le ton était juste et les arguments aussi. Bellamy a d’abord souligné le vertige absurde

de la mesure : « Incroyable mais vrai : le jour est arrivé. Il faut maintenant tenter de

sauver Noël que la Commission européenne semblait avoir prévu de condamner. La

commissaire Dalli considère que le terme n’est pas assez inclusif… Folie d’atteindre la

haine des racines qui ont fait l’Europe. » Il n’a pas eu besoin d’avoir recours aux subtilités

de la dialectique pour ramener cette « folie » inclusive à son néant : inclure dans quoi, si

l’on supprime le substrat initial, et, justement, on ne peut plus inclusif qu’est Noël ? «

C’est le jour où est né le monde dont nous héritons. Le début de notre ère. La référence à

partir de laquelle nous comptons nos années. […] Madame Dalli, prétendez-vous nous

retirer jusqu’à ce repère commun ? […] Parce que nier ce qui nous relie, c’est détruire

toute possibilité d’appartenir à une culture commune, tout espoir d’assimilation et ouvrir –

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ainsi – la voie à l’éclatement de nos sociétés, aux revendications communautaristes qui

préparent les affrontements à venir. » Bellamy le si sage s’est même offert offert le luxe

d’une envolée zemmourienne.

Finalement, il n’est peut-être pas mauvais d’envoyer dans nos Parlements quelques

agrégés de philo. Et pas seulement des banquiers ou des commerciaux.

Cet épisode où l’antichristianisme bruxellois a capitulé (le livret a été suspendu) ne doit

pas faire oublier que l’offensive est cependant permanente et multiforme. Cette semaine

a été marquée par l’affaire de la procession de Nanterre et celle du saint Michel des

Sables-d’Olonne. Avec cet épisode, la trinité antichrétienne est au complet : laïcards dont

l’horloge interne s’est arrêtée en 1905 le lundi, racailles islamistes le mardi et, donc,

petits marquis-e-s bruxellois-e-s le mercredi. Face à ce nouveau Cerbère à trois têtes, il

faudra des Hercule. Ou des d’Artagnan ou des Zorro. La guerre culturelle est loin d’être

gagnée. Mais la bonne nouvelle, c’est que les chevaliers sont de retour, et les assiégés,

les attaqués, ceux à qui l’on demandait de gommer leurs noms, leurs saints, leurs

repères, ont désormais compris qu’ils ne pouvaient plus reculer. Et, évidemment, cela

surprend et énerve ces destructeurs qui avaient eu jusqu’à présent la tâche tellement

facile.

Car il plane comme un air de reconquête, non ?